Discutons digitalisation avec Camille de Natura Mater!

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Bonjour Camille, peux-tu te présenter en quelques mots ?  

Je suis Camille Mommer, l’une des 5 fondateurs de Natura Mater, projet lancé il y a pile un an. Avant ça, j’ai pas mal travaillé dans l’écosystème de l’entreprenariat, notamment chez hub.brussels et puis chez Agoria. 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ce nouveau défi professionnel ? 

L’idée de Natura Mater ne vient pas de moi à la base, mais mon expérience dans les structures d’accompagnement m’a toujours donné l’envie d’un jour lancer un projet pérenne et créateur de valeur qui aurait du sens dans « le monde d’après », donc quelque chose de plus durable avec un impact sociétal positif.  

Le projet est né car un de mes associés, qui a été architecte et entrepreneur général, a un jour voulu rénover sa maison avec des matériaux durables. Il s’est rendu compte que même avec son expérience dans le domaine, il était très difficile de trouver des matériaux qui n’étaient pas trop chers, que les entrepreneurs pouvaient utiliser, qui étaient livrables, etc. Partant de ce constat-là, il s’est dit que d’autres avaient probablement rencontré le problème avant lui et il a décidé de mettre en place un outil pour faire passer ce marché de la niche à la norme.  

Avec Natura Mater, on a inventé notre nouveau métier pour devenir sourceurs de matériaux durables à destination du secteur de la construction. Notre focus est d’aider les différents acteurs professionnels de la construction en facilitant la mise en œuvre de matériaux durables sur les chantiers. On travaille avec tous les professionnels, depuis les investisseurs et les maîtres d’ouvrages jusqu’aux architectes en passant par les entrepreneurs généraux ou encore les consultants PEB. L’idée est de rassembler toute l’expertise des matériaux durables et de la redistribuer au travers de toute la chaîne de valeurs de la vie d’un bâtiment à travers du conseil, du partage de connaissance (« Où trouver les matériaux ? » « Comment les utiliser sur chantier ? », etc.) et du support logistique pour l’acheminement sur chantier de ces matériaux qui restent encore rares en magasin. 

À quoi ressemble votre outil actuellement ? 

On a pour objectif de développer notre plateforme digitale mais il faut savoir que le secteur de la construction est encore très peu digitalisé, ce qui est un frein au niveau de l’acquisition de nouveaux clients. Pour le moment, on a des formules d’accompagnement de projet (forfait ou abonnement) plutôt à destination des architectes et chefs de projets, et une formule de support aux entrepreneurs généraux où l’on va négocier pour eux les prix d’usine et les prix producteurs des matériaux et gérer la livraison sur chantier. 

La digitalisation, qu’est-ce que c’est selon toi ? 

Je dirais que c’est identifier et mettre en œuvre le mieux possible les outils digitaux pour automatiser les processus d’une société et la rendre plus efficace, augmentant ainsi son impact et sa valeur. C’est une réflexion sur les outils digitaux disponibles aujourd’hui et employer ceux qui peuvent avoir un impact positif sur le business, mais au service des clients et des travailleurs de l’entreprise. En gros, ce n’est pas ajouter une couche de digital pour le plaisir, mais véritablement pour faire plus et mieux. 

Et pour Natura Mater, comment perçois-tu cette digitalisation ? 

Comme un énorme chantier ! Comme on est très jeunes et que je viens du monde de la tech avec un background ingénieur, j’ai vraiment cette envie de pouvoir automatiser un maximum en se basant sur des outils existants. Cependant, je garde à l’esprit que la digitalisation est avant tout utile pour automatiser un processus et que, dans une startup, les processus ne sont pas toujours très bien définis et sont amenés à évoluer régulièrement. C’est donc compliqué d’automatiser cette partie-là en l’état. 

On travaille donc sur la digitalisation de notre manière de travailler, notamment sur l’aspect opérationnel des choses (serveur cloud, adresses emails, outils de collaboration à distance, etc.) et d’un autre côté, on travaille sur la digitalisation de nos ventes. Chez nous, la communication et les ventes passent par notre site web donc on a aussi tout un travail en digital marketing à effectuer pour créer du contenu régulier et augmenter notre visibilité et notre canal de prospects. Enfin, puisque notre métier est de promouvoir des matériaux peu connus, on essaie de digitaliser cette connaissance en créant une base de données qui nous permet de conserver ces informations voire un jour de la mettre à disposition comme un produit. 

Quelle a été ton expérience avec le mic.brussels ? 

Dans une autre vie, j’ai collaboré avec le mic lorsque je travaillais chez lifetech.brussels où on a fait un incubateur de healthtech en partenariat. Plus récemment, je suis re-rentrée en contact avec le mic via un workshop sur la digitalisation. Cela a pour moi été vraiment utile car je voyais le potentiel des outils digitaux pour notre activité mais sans savoir par quoi ou par où commencer, de manière intelligente, et sans digitaliser pour digitaliser car on entre alors dans une logique inverse où l’on ajoute des processus pas toujours utiles qui alourdissent la manière de fonctionner. 

Typiquement, les 3 piliers mentionnés précédemment, je n’aurais pas pu les citer avant ce workshop car c’est là qu’on a pu les identifier et qu’on a compris qu’il ne fallait pas essayer de tout faire en même temps. Au contraire, il y aura toujours matière à automatiser, il faut donc se concentrer sur ce qui a une vraie valeur ajoutée maintenant et pour le reste on verra par la suite. Il ne faut pas nécessairement réinventer la roue : d’autres ont fait des choses si pas identiques, similaires avant nous, il faut donc réutiliser ce qui a été fait auparavant et l’adapter à notre cas particulier. 

Quels sont les prochains gros challenges pour Natura Mater ? 

Premièrement, on doit affiner notre business model pour rester pérenne. Ce qui est intéressant, c’est qu’on s’est rendu compte que nos clients attendent de nous qu’on fasse de la veille sur ces matériaux pour les garder toujours au courant de ce qui se passe dans ce domaine. Une de nos challenges opérationnels sera d’arriver à gérer cette partie knowledge management pour garder, formaliser et partager toutes ces informations et qu’elles ne soient pas dans la tête d’un seul collaborateur qui aurait alors la responsabilité de répondre à toutes les questions des clients. 

Un mot pour les 10 ans du mic.brussels ? 

Déjà, joyeux anniversaire ! Honnêtement, je trouve ça cool que vous ayez 10 ans parce que ça démontre bien que vous avez une vraie valeur ajoutée dans l’écosystème bruxellois et que vous avez une expertise vraiment importante pour les entreprises, surtout à l’ère du digital. Ce partenariat avec Microsoft reste très intéressant car il reste un des joueurs importants du secteur et pouvoir donner accès à ces outils c’est primordial. Je vous souhaite de pouvoir continuer à inspirer et à faire évoluer les PMEs bruxelloises, je crois qu’il y a encore beaucoup de travail et c’est bien d’avoir des connaissances-ressources à disposition des entreprises qui ont une vraie utilité publique.  

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